Search for:

Le rituel du petit déjeuner devant les dessins animés le week-end est-il mort ? Ce moment où les programmes s’enchaînent, retenant toute l’attention d’un enfant scotché devant la TV, délaissant son bol de céréales tant réclamé sur l’accoudoir du canapé, comme hypnotisé par le moment.

Les enfants, comme les adultes voient aussi leur mode de consommation des contenus évoluer. De moins en moins influencé par une publicité tournée sur fond vert faisant l’éloge du nouveau château Playmobil, mais plus tourné vers l’expérience qu’aura eu un autre enfant en le testant. Voilà comment tout a changé, aujourd’hui La Guerre des Boutons n’est qu’une requête de plus sur YouTube.

Des parents parfois dépassés

Les avancées technologiques et techniques des dernières années ont créé un fossé abyssal entre les différentes générations, donnant parfois l’impression aux parents d’être dépassés par le comportement 2.0 de leur chérubin et reléguant les grands-parents au stade d’habitants d’une autre planète.

Si ce sentiment peut paraître exagéré par ceux qui ne voudront pas l’accepter, il est pourtant bien réel. Les enfants consomment les réseaux sociaux d’une façon boulimique et se projettent bien volontiers dans un futur qu’ils inventeront, quand leurs parents appréhendent déjà le présent. Comme le montre une étude de Harris Interactive, les deux visions convergent au moment de parler des nouvelles technologies.

Il est alors très difficile d’avancer à la même vitesse que ses enfants, quand eux avancent à la vitesse du TGV et que les parents sont encore bloqués dans le métro avec incidents de voyageurs à chaque station. Comment contrôler au mieux la présence d’un mineur sur les réseaux sociaux ? Quel discours avoir avec ses enfants ? Comment comprendre ses usages ? Autant de questions qui restent sans réponse tant la rapidité de déploiement est impressionnante.

Quand vous aurez appréhendé Facebook avec succès, vous retrouverez votre progéniture sur Instagram, et quand vous aurez créé votre compte Instagram pour vous mettre à la page, elle sera déjà partie sur tik tok. Le principe est simple, quant à force de persévérance les parents auront réussi à adopter un usage qui n’est pas le leur, les enfants l’auront déjà démodé.

L’influence de YouTube

Si les usages évoluent rapidement, certains persistent depuis l’éclosion de l’influence. YouTube comme Instagram comptent en ses rangs des influenceurs stars, seulement parmi eux, à grande majorité des adultes, un se démarque de par son jeune âge, il s’appelle Ryan, il a 8 ans et sa chaîne Ryan ToysReview culmine à plus de 18 millions d’abonnés sur YouTube. Son créneau : tester des jouets, face caméra. Vous pourrez alors trouver étrange de voir votre enfant, tenant votre iPad dans les mains en train de regarder un autre enfant donnant son avis sur le dernier camion de pompiers de la marque Playskool.

Nos enfants ont-ils maintenant besoin d’avis comparatifs avant de passer à l’acte d’achat ? La spontanéité a-t-elle laissé place à la raison et l’analyse ? Le pouvoir de prescription des youtubeurs est un fait, et se bat maintenant à armes égales avec la publicité classique. Chez les 9-14 ans, le pouvoir de prescription des youtubeurs est de 54% contre 59% pour la publicité chez les 6-10 ans selon une étude de Harris Interactive.

Seulement voilà, jusqu’à aujourd’hui le monde de l’influence chez les enfants était une jungle ou seuls les parents pouvaient servir de régulateur. Des parents parfois dépassés par l’influence grandissante de leurs chers petits ou à l’inverse endossant la casquette du manager de l’année pour spéculer sur les vidéos du mini influenceur qui allait les rendre riches. Une tendance qui tend à disparaître puisque le réseau social commence à se pencher sur la protection des mineurs sur la plateforme. Des commentaires ont déjà été supprimés dans le but de protéger les enfants et YouTube ne permettra plus à l’avenir de monétiser des vidéos les mettant en scène.

Si après des années de non-action à ce sujet YouTube décide enfin d’agir, et d’imposer un cadre minimum, le phénomène de mini influenceur n’est cependant pas près de s’arrêter, victime d’une demande d’enfants accros aux contenus et aux nouveautés.

Créateurs de contenus : la pression de la publication est-elle trop forte ?

Author

Write A Comment